
Union a gâché son unique joker
Battus 96-89 à Aarau, les Neuchâtelois joueront le titre de LNB samedi.
La saison régulière, sympathique balade pour Union avec 25 victoires en 26 rencontres, est définitivement à ranger aux oubliettes. S'ils veulent remporter le titre de LNB et décrocher du même coup une promotion en LNA jamais aussi intéressante que cette année, les Neuchâtelois devront se surpasser. Bien jouer ne suffira pas.
C'est là le principal enseignement à retenir du déplacement de samedi à Aarau, où l'équipe locale a, de manière méritée, égalisé à 1-1 dans la série de finale de LNB en s'imposant 96-89. Tout se décidera donc samedi prochain, le 12 mai, à la Riveraine, dès 17h30.
Aarau évoluait la saison passée en première ligue. A présent, les Argoviens peuvent enchaîner les promotions, à quelques conditions près (lire ci-dessous). La performance qu'ils ont fournie samedi dans leur petite salle bondée et surchauffée (dans tous les sens du terme) ne peut, en tout cas, que susciter l'admiration du public et le plus grand respect du côté neuchâtelois.
Brooks pas furieux
Car Union n'est pas passé à côté de son match. Il a même offert une prestation qui, en d'autres circonstances et face à un autre adversaire, aurait sans doute suffi pour s'imposer. Michael Brooks, d'ordinaire si exigeant, n'était d'ailleurs pas furieux, ni abattu au terme de la rencontre. "Je dois d'abord féliciter Aarau. Cette équipe a réussi un grand match. Il ne nous a pas manqué grand-chose pour passer. Un petit peu de rigueur défensive, quelques lancers francs aux moments décisifs, peut-être un peu de fraîcheur..."
Une série de petits détails qui ont fini par faire la différence. Car Aarau, qui a imposé un rythme effréné dès le début de la rencontre, a parfaitement géré la situation. Les Argoviens ont pratiquement fait la course en tête de bout en bout. Union a cravaché pour revenir, a même fait illusion pendant quelques instants en seconde période (49-54). Mais n'est pas parvenu à creuser le trou et a subi le retour en force des Argoviens.
"Nous avons été un peu nerveux. Nous n'avons pas l'habitude de disputer des matches d'une telle intensité" , reconnaissait Luka Vertel, l'un des meilleurs des siens. Il faut dire qu'Aarau a pu s'appuyer sur un Michael Polite en état de grâce (il a réussi ses dix premières tentatives à deux points), un Jason Perry dont la prestation est allée crescendo et un Ivan Castro fort adroit à trois points. Si l'on ajoute à cela une fin de match euphorique de la part de Mladen Radic, il aurait vraiment fallu que tous les Unionistes soient au top pour espérer l'emporter.
Le tir primé de trop
Ce ne fut pas le cas. Herb Johnson a paru par moments dépassé par le rythme et Ivica Radosavljevic n'a connu aucune réussite sur les tirs primés. L'excellente entrée de Joël Donzé n'a pas suffi pour inverser durablement la tendance. " Ce n'est pas une question de volonté. Je peux vous assurer que chaque joueur s'est donné à 100%" , affirmait, sans doute à juste titre, Luka Vertel.
"Nous avons la meilleure défense du championnat. Or, nous avons laissé trop de tirs ouverts à trois points à nos adversaires" , détaillait-il. Celui réussi par Ivan Castro sur la sirène du troisième tiers (et qui a porté le score à 82-76) a fait très mal, pour ne pas dire qu'il a sonné le glas des espoirs des Neuchâtelois. Ces derniers se sont en effet laissés envahir par l'impatience en fin de rencontre, forçant tant et plus leurs tirs. Gros contraste avec la lucidité argovienne.
"Quand on est poussé par son public, on a souvent plus de réussite" , constatait Michael Brooks. Les quelque 110 supporters neuchâtelois présents en Argovie n'ont donc pas suffi pour que les Unionistes se transcendent. Peut-être qu'une Riveraine comble samedi prochain les aidera en ce sens. Sinon le réveil, au terme d'une saison de rêve, risque d'être des plus brutaux.


